Comment nous choisissons une plateforme avec vous, étape par étape
Dans les coulisses d'un rendez-vous de choix de plateforme : les questions que nous posons, les essais que nous faisons ensemble et la façon dont nous écartons les outils qui ne vous conviennent pas.
Isabelle Declercq · · 5 minutes de lecture

Avant l'écran, une conversation sur papier
Quand une personne nous écrit pour créer un site, nous n'ouvrons pas tout de suite un ordinateur. Nous commençons par une feuille et un stylo. Je demande ce que vous voulez montrer, à qui, et ce que vous ne voulez surtout pas voir apparaître. Une chorale, un club de marche, un album de famille ou un petit carnet de voyage n'ont pas les mêmes besoins, même si tous s'appellent « un site ».
Cette conversation dure en général une demi-heure. Je note vos réponses avec vos propres mots, sans les traduire en vocabulaire technique. C'est cette feuille, et non une liste de fonctionnalités, qui nous sert ensuite de boussole pour comparer les outils. Beaucoup de personnes repartent d'ailleurs avec cette page en main, car elle clarifie déjà leur projet, même si elles décident d'attendre avant de publier.
Les cinq questions qui font le tri
Depuis l'ouverture de l'atelier, en 2017, nous avons gardé quelques questions qui reviennent presque à chaque fois. Elles paraissent simples, mais elles écartent beaucoup d'outils inadaptés avant même que vous ayez eu à les tester. Nous les posons toujours dans le même ordre, pour que personne ne se sente interrogé au hasard.
Aucune de ces questions ne demande de connaissances techniques. Si vous hésitez, nous proposons des exemples concrets : combien de photos pensez-vous ajouter dans l'année, qui écrira les textes, qui aura le code d'accès si vous êtes absent un mois. Les réponses imprécises sont tout à fait acceptables, elles nous indiquent simplement où il faudra rester souple.
- Qui modifiera le site, vous seul ou plusieurs personnes ?
- Combien de temps pouvez-vous y consacrer chaque semaine ?
- Quelles informations ne doivent jamais être publiées ?
- Quel budget annuel vous paraît supportable ?
- Souhaitez-vous recevoir des messages de visiteurs ?
Essayer ensemble, sur un site de brouillon
Une fois la feuille remplie, nous retenons deux ou trois pistes, rarement plus. Pour chacune, nous créons un petit site de brouillon, non publié, avec un titre, un paragraphe et une photo. Vous prenez la souris et vous essayez vous-même : ajouter une ligne, déplacer une image, annuler une erreur. Je reste à côté et j'observe où vous hésitez.
Cet essai vaut mieux que toutes les comparaisons de tableaux. Il arrive qu'un outil très réputé vous fatigue au bout de dix minutes parce que ses menus changent d'un écran à l'autre, alors qu'un autre, plus modeste, vous semble évident. Nous retenons celui où vous vous sentez à l'aise sans que je doive intervenir, car c'est celui que vous continuerez à utiliser seul, dans six mois.
Ce que nous regardons en coulisses
Pendant que vous essayez, je vérifie des points que vous ne voyez pas forcément. Où sont hébergées les données, et dans quel pays. Comment se passe la sortie : peut-on récupérer ses textes et ses photos si l'on change d'outil. Quelle est la formule gratuite réellement utilisable, et à partir de quand un paiement devient obligatoire. Ces informations sont parfois cachées dans de petites lignes.
Nathalie, notre responsable confidentialité, relit aussi les réglages par défaut. Certains outils affichent publiquement l'adresse ou l'adresse e-mail de l'auteur si l'on ne coche pas une case. Nous préférons le découvrir à ce stade, sur un brouillon, plutôt qu'après la mise en ligne. C'est une habitude simple que nous vous montrons : regarder les réglages avant de regarder le décor.
Quand nous disons non à un outil
Il nous arrive de déconseiller un outil, même si vous l'avez choisi avec enthousiasme. Les raisons sont toujours concrètes : un abonnement qui double après la première année, une interface qui change sans prévenir, une exportation impossible, ou une assistance uniquement en anglais. Nous vous montrons alors le problème sur l'écran, sans dramatiser, et nous cherchons une alternative proche de ce que vous aimiez.
À l'inverse, nous ne poussons jamais vers l'option la plus complète. Pour une association de quartier qui publie quatre annonces par an, un outil très simple suffit largement. Un site léger se maintient plus facilement, coûte moins et vous laisse davantage de temps pour le reste. Notre rôle consiste à vous éviter les fonctions dont vous n'aurez pas besoin.
Ce que vous emportez à la fin du rendez-vous
À l'issue de la séance, vous repartez avec un court document : l'outil retenu, les raisons du choix, ce qu'il coûte et à quelle date, et les deux ou trois réglages que nous avons modifiés ensemble. Il est écrit en phrases complètes, à relire tranquillement chez vous. Nous y ajoutons le nom de la personne à appeler si vous bloquez, pour que vous ne restiez jamais seul devant un écran.
Rien n'est publié à ce stade. Le brouillon reste privé tant que vous n'avez pas validé un aperçu, ce qui est l'étape suivante de notre accompagnement. Vous gardez la décision, y compris celle de ne pas aller plus loin. Plusieurs personnes reviennent après quelques semaines, avec leurs textes prêts, et nous reprenons exactement là où la feuille s'était arrêtée.
Choisir une plateforme n'est pas une affaire de technique mais de bon sens : savoir ce que l'on veut montrer, essayer avec ses propres mains et regarder les réglages avant de publier. C'est ainsi que nous procédons à chaque rendez-vous, sans hâte. Si cette façon de faire vous parle, la page de contact vous permet de nous écrire, et nous fixerons ensemble un premier échange.